Les années 1950 et 1960

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Gaston Miron (1928-1996), éditeur et poète, est le premier poète québécois à qui l’on réserve des funérailles nationales. Et pour cause, il a pris la parole au nom d’une collectivité qu’il voulait arracher à la noirceur du silence : « Faut être capable de s’imaginer pour s’identifier et faut être capable de s’imaginer autre pour se libérer ». En 1970, il publie son recueil L’homme rapaillé, lequel regroupe des poèmes publiés de manière éparse, au fil des ans. En 2008, douze auteurs-compositeurs se regroupent, dont Jim Corcoran, Yann Perreau, Vincent Vallières, Plume Latraverse et Richard Séguin, sous la direction artistique de Gilles Bélanger, pour mettre en musique les mots du grand poète. Réalisé par Louis-Jean Cormier, l’album Douze hommes rapaillés remportera plusieurs prix dont le Félix pour la meilleure réalisation (2009) et celui du spectacle de l’année (2010). Le succès remporté permettra, en 2010, la réalisation de l’album Douze hommes rapaillés volume 2, également récompensé, notamment dans les catégories compositeur de l’année (Gilles Bélanger) et album de l’année - folk contemporain (2011).                            

    

Sur Gaston Miron, les dossiers d’archives de Radio-canada : http://archives.radio-canada.ca/arts_culture/poesie/dossiers/1234/

Avec toi (2010), par Martin Léon

Mon bel amour (2008), par Jim Corcoran

 

Félix Leclerc (1914-1988) : Celui que l’on nomme le père de la chanson québécoise est le maillon essentiel entre La Bolduc et les chansonniers des années 1960. D’abord boudé au Québec pour sa thématique paysanne, Félix Leclerc devient le premier Québécois à triompher à Paris en 1950. Jacques Brel dira que le goût de chanter lui est venu en voyant le tour de chant de Leclerc, et que ce dernier ayant ouvert la voie, il l’a suivi. Auteur-compositeur-interprète, mais aussi animateur de radio, poète, comédien, auteur de téléromans et dramaturge, il est le premier Québécois dont les pièces sont jouées en Europe. C’est en 1970 qu’il s’installe définitivement à l’Île d’Orléans et que la sagesse paysane de L’hymne au printemps laisse place à une conscience plus militante, ce que l’on peut aisément constater avec les pièces L’alouette en colère  et Le tour de l’île. Abondamment récompensé des deux côtés de l’Atlantique, Félix Leclerc, qui ne savait ni lire ni écrire la musique, laisse un héritage culturel qui comporte notamment 18 albums, 147 chansons et un œuvre littéraire composé de romans, de recueils de poèmes, de maximes, de contes, de fables ainsi qu’une autobiographie. On remet des « Félix » chaque année, dans le cadre du Gala de l’ADISQ.

L'hymne au printemps (1949)

Notre sentier (1944) : Première chanson de Félix Leclerc, ici interprétée par Catherine Major (née en 1980). Lauréate auteure-compositrice-interprète au Festival en chansons de Petite-Vallée en 2002, elle compte déjà deux albums à son actif.

Le tour de l’île (2008), chanson interprétée par le groupe Karkwa sur l’album Hommage à Félix Leclerc. 

Site officiel : http://www.felixleclerc.com

 

Raymond Lévesque (né en 1928) : Auteur-compositeur-interprète, poète et comédien québécois, il ira également tenter sa chance en France où il restera cinq ans. C’est en 1956 qu’il écrit son plus grand succès : Quand les hommes vivront d’amour. Cette chanson, au propos universel, reflète la dualité sociale d’une période où les gens semblent avoir à choisir entre se résigner ou placer leur confiance en l’avenir. Couronnée chanson du siècle par vote populaire en 1992, plus belle chanson des 50 dernières années par Radio-Canada en 2002 et meilleure chanson québécoise de tous les temps en 2005 par le Mouvement des Québécois et des Québécoises, Quand les hommes vivront d’amour rappelle la nécessité d’une fraternité pour qu’émerge un possible exempt de haine et de guerre. Depuis le premier enregistrement en 1956 par Eddie Constantine, une cinquantaine d’artistes l’ont reprise, dont Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois. Dans le contexte de la crise d’Octobre, Raymond Lévesque écrit Bozo les culottes, portrait d’une réalité politique, comme L’alouette en colère de Félix Leclerc.

Bozo les culottes (1970)

Sur Raymond Lévesque, les dossiers d’archives de Radio-canada : https://ici.radio-canada.ca/radio/profondeur/raymondlevesque/

Quand les hommes vivront d’amour : cet album, sorti en 2006, compile neuf versions différentes de cette chanson. On y retrouve plusieurs interprètes dont Eddie Constantine, Luce Dufault et Offenbach.

Ici la version d’Offenbach : 

 

Ici, la version de l'auteur, Raymond Lévesque : https://www.youtube.com/watch?v=Wb_4tQ90Muk

 

Les chansonniers 

Si La Bolduc, par son propos, et Félix Leclerc, par sa poésie, ont libéré la chanson du corset étroit de La bonne chanson, les chansonniers tels que Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Clémence Desrochers, Jean-Pierre Ferland, André Gagnon et Raymond Lévesque deviennent des catalyseurs des nouveaux enjeux sociaux du Québec des années 1960. Vigneault en tête, les chansonniers nomment le pays, revendiquent une identité nationale et chantent aussi l’amour, la solidarité, les gens ordinaires et l’espoir d’un monde meilleur. C’est la grande époque des boites à chansons.

Gilles Vigneault (né en 1928) : Figure emblématique du Québec, poète, auteur de contes et auteur-compositeur-interprète, il a nommé le pays à venir, donné la parole au quotidien d’un peuple qui tarde à réaliser son autonomie. Son œuvre, incomparable, s’étale sur plus de soixante ans, et son attachement pour la langue est indéfectible. Composée dans le cadre de la Superfrancofête de 1974, la chanson Gens du pays devient officieusement l'hymne national québécois, sans compter que de nombreux foyer québécois l’ont adoptée à titre de chanson pour souhaiter le bon anniversaire. Détenteur de huit doctorats honorifiques et d’un nombre imposant de récompenses, Gilles Vigneault est toujours actif, malgré son âge vénérable.

Les gens de mon pays (1967)

Entrevue de Gilles Vigneault à l’émission Tout le monde en parle, le 13 avril 2014 à Radio-Canada : http://www.youtube.com/watch?v=alGecmVUbzQ

Émouvant hommage à Gilles Vigneault par Fred Pellerin, conteur, au Gala de l’ADISQ 2011 : http://www.youtube.com/watch?v=g_NL4m5Kj9E

Site officiel : http://gillesvigneault.com/accueil.html

 

Claude Léveillée (1932-2011) : Seul chansonnier à s’accompagner au piano, ses spectacles sont baignés d’une atmosphère poétique et théâtrale (il est aussi comédien). Édith Piaf le ramènera un temps avec elle à Paris, voyant en lui un avenir plus que prometteur. Elle ne s’est pas trompée. Il fut le premier Québécois à se produire à la Place des Arts de Montréal.

Frédéric (1962)

Clémence Desrochers (née en 1933) : Humoriste, écrivaine, comédienne, scénariste et poète, Clémence Desrochers est incontournable dans le paysage culturel du Québec. Ayant grandi à Sherbrooke, ville de « factries », elle en compose une chanson d’un réalisme tendre et dur. Elle continue à donner des spectacles, malgré quelques adieux…

La vie d’ factrie (1962)

 

Claude Dubois (né en 1947) : Auteur-compositeur-interprète, d’abord dans la vague des chansonniers, il effectue un virage dans le sillage, notamment, de Robert Charlebois et de Diane Dufresne pour se rapprocher davantage des sonorités rock qui émergent alors au Québec. De nombreux succès jalonnent son parcours dont Femme de rêve, Plein de tendresse, Infidèle, Artistes et l'inoubliable Blues du businessman de la comédie musicale Starmania (Michel Berger et Luc Plamondon, 1978), laquelle a connu plusieurs distributions pendant les années 1980, 1990 et 2000.

Comme un million de gens (1969) : https://www.youtube.com/watch?v=ARKTtoUCoJY

 

Pauline Julien (1928-1998) : On ne peut passer sous silence cette figure nationaliste et féministe, celle que l’on surnommait la passionaria du Québec, interprète incomparable, auteure-compositrice et actrice québécoise qui a interprété avec tant de sensibilité les chansons de Vigneault, Lévesque, Léveillée et bien d’autres.

Le rendez-vous (1960), paroles de Gilles Vigneault, musique de Claude Léveillée, interprétée par Pauline Julien : www.youtube.com/watch?v=g7W2QE65ZaY

 

Le yéyé!

Le yéyé, baptisé ainsi en raison du célèbre She loves you yeah! yeah! yeah! des Beatles, désigne à la fois le genre musical, les interprètes et leur public ainsi qu’une mode vestimentaire caractérisée, entre autres, par les pantalons à pattes d’éléphant. Les chansons yéyés ont un refrain accrocheur et une musique au rythme entraînant qui incite la nouvelle génération à se libérer et à danser. Les textes manquent cependant d’originalité, car ils résultent de traductions rapides des paroles de succès anglais ou américains, ce que les costumes des nombreux groupes de l’époque (plus de trois cents) ne parviennent pas toujours à nous faire oublier!

Découragé (1965), par Les Bel Cantohttps://www.youtube.com/watch?v=RRdXnr69dDo

C’est fou mais c’est tout (1964), par Les Baronnets : https://www.youtube.com/watch?v=r6SC-s2I8cY&index=1&list=RDr6SC-s2I8cY

Je ne peux l’acheter (1964) (traduction de Can’t Buy me Love des Beatles), interprétée par Michèle Richard : https://www.youtube.com/watch?v=RDpcODvr70s

 

La musique yéyé demeure une inspiration ... 

Deux par deux rassemblés (2006), par Pierre Lapointe : www.youtube.com/watch?v=iwifSGa19tU

Le président danse autrement (2009), par Yann Perreau : www.youtube.com/watch?v=VH0mQ25CfPE&list=PL64B8EAB2DE321634

Un site à découvrir : www.radioyeye.com 

Également, la bande sonore de la télésérie Les rescapés composée de nombreuses reprises des années 1960 interprétées par des artistes de la relève.